26 février 2008
Reste près de moi
« Reste près de moi ».
Les mots d’une mère pour son enfant. Au milieu de la foule, c’est cela qu’elle lui dit : « Reste près de moi. ». Je serai ton refuge, l’enceinte protectrice qui saura s’ouvrir lorsque viendra le temps. Ce jour, je serai la citadelle, forte pour toi, et inébranlable ; tu seras l’oiseau que mon âme regardera s’éloigner, jusqu’à ne devenir plus qu’un point, puis plus rien, le souvenir d’une joie.
« Reste près de moi. ». Ne t’éloigne pas, reste en ma vue, en mon cœur, mets ta main dans la mienne pour que ne vienne pas le jour, laisse tes pas dans les miens encore, et laisse-moi t’entraîner à moi, te bénir de mes caresses, de mon regard, de mon sourire. Tu es mon enfant, mon monde, mon moi. « Reste près de moi. ».
Tu n’es plus si petite, mais tu es toujours ma toute-petite, celle qui a besoin de mes bras, de mon regard pour marcher le cœur léger et l’âme libre. Je veille sur toi, je t’enveloppe de la douceur de mes yeux, je te protège.
Moi aussi j’ai besoin de toi. Pour toi, je suis, simplement je suis. J’existe pour toi, pour être là, à tes côtés, pour te guider, te parler, t’écouter.
Ma toute-petite, tu m’aimes encore, la vie sur toi n’a pas encore posé sa griffe, celle qui arrache et déchire tout, les liens du sang et de l’âme… Tu es toute pure du monde, tu le regardes de loin, tu ne sais comment le nommer, tu y participes sans vraiment y être, de ta petite vie en bulle.
« Reste près de moi. ». Ne grandis pas ma toute-petite. Pardonne-moi d’être lâche si je le redemande : ne grandis pas… Un jour viendra où tu partiras, où la maison ne sera plus toute emplie de ton rire et de tes regards étonnés, de tes colères, aussi…Ah, tes colères… J’en souris…
Echappe au monde, à la prise du temps, reste près de mon cœur, reste ma petite fille.
On me dit de n’être pas égoïste, de souhaiter ton départ, un jour ; de savoir te laisser partir, qu’il n’y a pas plus belle preuve d’amour…
Comment le pourrais-je ? Comment l’accepter ? Comment autoriser ta « disparition », l’effacement de l’enfance du cœur d’une mère ? Comment ne pas hurler lorsque tu me diras « Je vais m’en aller. », même si tu es heureuse, même si ta vie est devant toi, et qu’elle s’ouvre sur un sentier de lumière ?
Comment sourire quand on vous arrache le cœur, admettre que tu continueras sans moi, et que je devrais, moi aussi, continuer en ton absence, quand les jours ne se feront plus à la mesure de tes rires ?
« Reste près de moi. », il n’est pas temps encore. Laisse maintenant mes pas guider les tiens, reste près de ta mère…
Note: ce texte est sorti tout-à-l'heure, sans raison apparente. Je ne suis pas mère, et j'ignore ce qui a motivé cette écriture. De même, je ne sais pas si les sentiments qu'il contient sont justes, ou non.
13 décembre 2007
Mots rigolos
Parce que j'en trouve sans arrêt et qu'ils me font toujours rire, cette fois pour leur orthographe:
- des gromo
- il y a du suspainse et de laquetion.
Trouvés dans des copies de 6e et corrigés illico presto!
05 novembre 2006
Dialogue avec le sage
« Tente donc, petite âme errante, d’étendre tes bras vers les étoiles. » disait le sage.
« A quoi donc cela me servirait-il, quand je sais que jamais je ne pourrai les atteindre ? » répondit l’homme.
« A rêver. » répliqua le sage.
« A rien, donc. » voulut conclure l’homme, qui déjà se lassait de l’apprentissage.
Mais le sage, avec un sourire : « Celui qui tourne en ridicule le rêve n’est pas digne de lui. Son esprit sera terre aride où seuls pousseront les mêmes cactus que dans tous les autres déserts. Tu choisis de ne pas élever tes bras ? Tant mieux pour toi. L’esprit vide est bienheureux, il n’a pas conscience de sa stérilité. Le rêveur quant à lui sera toujours triste, car ses rêves sont comme ces étoiles : magnifiques et inatteignables. »
Et l’homme, tout fier : « Alors je suis bien content ! »
15 octobre 2006
Pluie
Dehors, c’est sale. Le ciel est souillé de lambeaux de tristesse, prêts à pleurer sur la plaine vide. Le vent les bouscule, les heurte, mais toujours ils semblent revenir, relayés par leurs frères-clônes. L’herbe n’a plus de couleur, elle se perd dans l’Ombre, reflète la pluie à venir. En elle court déjà l’eau glaciale. Et rien en ces lieux ne parvient à briller. Le ciel est tombé sur la terre, l’écrase, l’étouffe. Les champs et les arbres, plaqués au sol, n’ont plus assez de souffle pour lutter et se laissent écorcher sans un cri. Ils ont tous la même odeur, celle de la pierre, la pierre crayeuse au goût d’humide, qui fait la gorge sèche. Au-dessus – mais si près – les cieux s’éviscèrent et échappent leur sang noir. Ce n’est plus qu’un désert que même les corbeaux ont fui. Le déluge bientôt va commencer, avec lui l’avènement des marécages, la prolifération d’une inquiétante mangrove aux lianes monstrueuses, de vent et d’eau.
11 octobre 2006
Un souvenir...
Je constate que je ne poste que très rarement mes textes ici. Hors, l'écriture tient une place très importante dans ma vie. Certaines d'entre vous écrivent-elles?
Je place donc ici l'un de mes derniers textes, très court (c'est dur de se lancer, mine de rien !):
Un souvenir...
Je ne sais me souvenir que ton regard vu entre les branches, et cette chevelure noire qui le suivit… Légère, gracieuse, tu courrais d’arbre en arbre, comme une petite sauvage. D’abord stupéfié, suspendu dans ma propre errance, je me mis à te poursuivre, pour que le ravissement jamais ne se brise… J’entendis ton rire d’enfance; tu me devinais derrière toi, à vouloir toucher tes cheveux de nuit. Quand le jour avorta, je te perdis ; tu te fondis dans les ombres des bois et disparus comme une fée.
Ah, ma douce envolée, l’aube à tes pieds était plus belle hier…
A présent, tu es sa prisonnière. Tu marches lourdement entre les murs de sa demeure, tu erres, le regard éteint de mille années… Pourquoi t’es-tu laissée emprisonner ?
Ah, ma douce envolée, l’aube à tes pieds était plus belle hier…
NB: Je ne sais pourquoi mes narrateurs sont souvent des hommes qui parlent de femmes...Etrange étrangeté... J'aime la sensibilité, et lorsqu'elle se trouve en un homme, je la trouve encore plus belle...
12 juillet 2006
Ton regard funambule
Ô mon aimé ! Comme j’aime tes yeux funambules, qui me frôlent comme le vent
de mai ! Où que j’aille, je sais ton regard, je sais sa douceur. Il m’accompagne
comme une ombre chaleureuse, une ombre de pourpre flamboyante. Il prépare le
chemin à mes pieds nus, dessine le ciel au-dessus de mes rêves, et me suit
partout où règne le jour.
Mon doux ami, comme je regrette d’avoir parfois à
pénétrer les ténèbres… Tes yeux se perdent, et peut-être crois-tu que je souhaite les semer. Si je pouvais disposer sur ma route de nuit quelques
flambeaux pour te guider, si je pouvais marcher une lanterne à la main, tu
serais moins triste, sans doute. Mais mon errance est aveugle, elle ne tolère
aucun candélabre.
Mon fiancé de lumière, toi qui portes l’aube en tes mains
et ton âme, comme j’aimerais te voir pénétrer les bois obscurs pour venir à ma
rencontre ! Mais la forêt-mère est mauvaise, et quand tu t’approches, elle te
jette au visage les noirceurs de son sein jaloux. Je ne puis que demeurer à
t’attendre, sans jamais te voir venir… Et les arbres, mes frères, pleurent en
chants mélancoliques…
Mon aimé, mon amant, à chacun de mes retours, toujours
tes yeux, ton regard de plume. Je le recueille comme une goutte d’or, une étoile
à mettre à mon front. Et si dans mon âme reste encore un peu de brume, je ne
tarde pas à rejoindre le jour.
09 juillet 2006
Fugue

J’ai fait un rêve.
J’étais ce que j’étais, tout au fond de mon âme, sans me
préoccuper de ce que les autres pensaient ou attendaient de moi.
Ceux qui ne
me connaissaient pas médisaient.
Ceux qui croyaient me connaître ne disaient
rien.
Ceux qui me connaissaient souriaient.
Dans ce rêve, j’étais
libre.
Je cherchais des anneaux d’or au creux des arbres et au fond des
ruisseaux.
Je partais à dos de licorne rajouter au ciel des
étoiles.
Certains disaient : « Elle est folle. ».
D’autres disaient : «
Elle est étrange. ».
Ceux qui m’aimaient disaient : « Elle est heureuse.
».
A tous, j’ai répondu : « Oui. ».
Et plus rien n’entachait mon
bonheur. Plus rien ne me faisait douter.
Convaincue qu’enfin je m’étais
réconciliée avec mon destin – avec la vie -, je me destinais à vivre d’amour,
d’eau fraîche, et surtout du bonheur que procure la certitude d’être enfin
soi-même.
26 juin 2006
Il y a des lieux où l'on n'ira pas
A Gwen

Il
y a des lieux où l’on n’ira pas. Des lieux qui résonneront sans nous. Qui
existeront pour d’autres. Seront remplis d’autres présences. D’autres âmes.
D’autres vies. Personnes que nous ne rencontrons jamais, dont nous ignorerons
pour toujours les aspirations, les rêves, les clartés et les obscurités.
Passages différents, au loin ou si près…
Il
y a des lieux où l’on n’ira pas. Paysages vus par d’autres, ressentis – aimés
ou détestés de combien de manières ? Qu’en aurions-nous fait ?
Comment les aurait-on vécus, ces lieux de brouillard ?
Il
y a des lieux où l’on n’ira pas. Combien de découvertes manquées ?
D’endroits laissés au non-exploré ? D’évasions ratées ? Combien de
terres et de regards ? Aurons-nous seulement vu les meilleurs ?
N’aura-t-il pas fallu renoncer à certains ? Aurons-nous puisé le meilleur
de ceux traversés ?
Il
y a des lieux où l’on n’ira pas. Il y a des lieux où l’on n’ira plus. Des
regards perdus pour toujours… Des endroits faits pour n’être vus qu’une
fois…Des endroits qui auront changé, par la main de l’homme ou par notre propre
regard… Des endroits du loin, bien trop lointains pour y revenir. Et tant
d’autres à trouver…
Il
y a des lieux où l’on n’ira pas. Peut-être n’est-ce pas si grave… Tes yeux me
serviront de paysage, j’irai y trouver tous les matins d’aurore fragile, toutes
les nuits étranges, toutes les plaines désertes et les villes moins
tranquilles, tous les jours de soleil et tous ceux de pluie, les orages, les
tempêtes, les soirs de torpeur dans l’incroyable été, les saisons qui ne
suivent plus leur cours, les landes perdues et les grottes oubliées… Tout, tout
dans ton regard, et la joie et la peine, la douleur, ta mélancolie… J’y
partirai en voyage, un voyage sans retour, pour me perdre en tes yeux, ne plus
en revenir…
Il
y a des lieux où l’on n’ira pas… Peu m’importe, j’ai trouvé mon domaine.







