Terres de Brumes

Des créations (bijoux, couture...) inspirées par la nature, le rêve, le Moyen-Age et bien d'autres choses encore!

30 octobre 2009

En promenade

J'aime l'automne, saison où tout, dans la nature, m'émerveille. J'ai envie de balades dans les vergers, dans la forêt, de récoltes de fruits, de chocolat chaud...
Je vous emmène juste au-dessus de chez moi pour une promenade en textes et photos... Prenez le temps de lire, d'observer...

En promenade

On part, guidé par un besoin d’au-dehors, et on est tout de suite fasciné. La lumière de l’après-midi s’accroche à chaque feuille, chaque brindille, chaque pierre posée sur le chemin. On a soif de merveilles, on ne va pas être déçu…
Le ciel, d’un bleu irréel, célèbre les arbres parés de leur dentelle d’or, dont le vent à peine frais transporte le chant.

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Au hasard des chemins, les vignes offrent un cadre au village. Le voyage olfactif commence : odeurs de terre fraîche, d’écorces, des fruits mûrs qui ornent les chemins…

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Dans le verger, le paysan a amoncelé les branches mortes pour un feu à venir, sans s’apercevoir que les pommiers lèvent leurs bras gracieux vers le ciel, priant pour survivre à l’hiver.

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Plus loin, à l’abri des regards, végétal et barbelé, comme deux amoureux, s’oublient dans une étreinte poétique…

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Le soleil joue avec la vigne, offrant aux feuilles des teintes merveilleuses…

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Un trésor fragile, endormi dans le creux du chemin….Que personne n’en piétine la beauté hélas si éphémère…

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Sous les bras du père protecteur, des pommes qui personne ne ramassera délivrent leur parfum déjà doucereux. C’est un crève-cœur que de les voir, tapissant le sol et délaissées, vouées à leur destin funeste.

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Mais déjà, on aperçoit les Gardiens, sentinelles des vergers. Toujours fidèles au poste, ils observent, impassibles, les promeneurs. Celui qui s’approche verra cependant l’empreinte d’une tristesse indicible au fond de leurs grands yeux et éprouvera l’impression étrange d’y trouver son propre regard…

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Que gardent-ils ?
La beauté d’un chemin secret qui mène au village…

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Les arbres encore embellis de leurs fruits…

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L’harmonieuse splendeur d’un saule qui balance doucement ses branches…

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Ou peut-être ce bois amassé, assemblé, empilé, en prévision d’un hiver rude qui balaiera d’un geste la douceur de cet été qui s’attarde…

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Non, juste le calme, la tranquillité, la quiétude qui fait que l’on se retrouve soi-même…
On prend le temps d’écouter la chanson des petits cailloux du sentier, les cloches de la petite chapelle sur la colline, la vache qui meugle au loin et le paysan qui rentre des champs sur son tracteur. Et il n’y a que cela…

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Gorgé de ces petits miracles entraperçus, réconcilié avec ses pensées et son être profond, il faut déjà songer au retour…
On longe le pré, observant avec quelle majesté le chêne surplombe trois serviteurs condamnés…

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On s’offre une dernière vue des vignes…

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On se persuade raisonnablement que ces champignons, si parfaits soient-ils, ne sont pas comestibles…

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Et on remplit ses poches de petits trésors que le hasard a mis sous nos pas, que l’on admirera affectueusement au retour… Butin modeste, qui pourtant et inexplicablement nous remplit de joie… Le bonheur à portée de main…

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22 septembre 2009

C'est l'automne

Chez moi, les matins sont brumeux ces derniers jours... Une impression de froid qui s'insinue dans le paysage et qui me rend légèrement pessimiste... Heureusement, ça ne dure qu'un temps!
Un petit texte écrit au bord du jour...

Au dehors

Au dehors, c’est gris et sale, comme la fenêtre qui offre son écran au vent frais qui s’est levé. Des lambeaux de brume se désagrègent doucement à la cime des arbres tandis que passe le peuple corbeau. Au sol finissent de pourrir les pommes tombées trop tôt, sur un lit de feuilles rouge et sang. Le vieux cheval courbe l’échine, cherche en vain un abri sous l’arbre défait de sa parure.

Tout semble ralenti, alourdi, empêtré dans la boue des chemins, écrasé sous ce ciel gorgé de la pluie à venir ; les humains ont construit leurs barricades de chaleur intérieure, faisant chanter le feu dans les poêles et cheminées.

La nuit arrive déjà ; on sait qu’il va falloir renoncer à l’air doux du matin, aux repas pris sur l’herbe, aux soirées interminables bercées par le chant des grillons, aux tenues légères et aux grillades-crudités. On ressort sans entrain les pulls en laine, on remplace les sandales par les bottes, on se met à penser « soupes » et repas montagnards. Déjà…

Dans les bois, cependant, des trésors se préparent en cachette, s’abreuvant à la pluie et grandissant du moindre rayon de soleil.

Il restera de belles journées d’automne pour partir à leur rencontre et revenir heureux, le bras chargé d’un plein panier de merveilles… Odeurs de champignons, de marrons chauds, de noisettes et de noix…

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29 novembre 2008

Le goût de mon enfance...

Pour répondre à l'invitation de Servanne, un petit texte sans prétention aucune que je dédie à ma maman :-)
Je vous invite à vous prêter au jeu!

Le goût de mon enfance

Le goût de mon enfance, c’est sans conteste l’odeur des gâteaux que faisait et fait encore ma mère.

A Noël, c’était les spritzs, ces petits gâteaux alsaciens tout en longueur, que l’on fait passer dans la « machine à manivelle ». On tourne, la pâte sort avec ses jolis sillons, des mains doivent les récupérer à la sortie et les poser sur du papier aluminium. Et lorsque ça passe au four… Une odeur douce, gourmande, qui flotte dans toute la maison ! On vole un spritz au passage, on se brûle les doigts, on souffle un peu et alors… ça croustille, c’est délicieux, on quitte le sol ! Alors, on devient voleur professionnel, on multiplie les méfaits, on se goinfre parce que c’est exquis, irrésistible ! On ne peut plus s’arrêter, on aimerait se nourrir exclusivement de ça : de spritzs.

Une ou deux fois par an, il y avait aussi les beignets. Cette fois, il fallait étaler la pâte, couper des losanges à la roulette dentelée, faire un trou au centre et « nouer » les beignets. La grosse friteuse accueillait ces petites œuvres d’art et les transformait en gros beignets joufflus que ma mère trempait dans du sucre à la cannelle. Rien que cet enrobage était un délice !
Encore chauds, on les mangeait comme ça, nature. On les dévorait, avec mes sœurs. C’était doux, moelleux, divin ! Le lendemain, on les ouvrait, on les garnissait de Nutella ou de confiture… C’était à celle qui en mangerait le plus…

Enfin, pour les mercredis du sacro-saint « Café », durant lequel mes tantes s’invitent à tour de rôle pour un « Quatre heures » ma mère faisait (et fait encore) souvent son fameux gâteau au vin rouge : un délice mélangeant subtilement le goût du chocolat et de la cannelle, dans un cake moelleux à souhait…

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26 octobre 2008

Aube

Je vous laisse ici un petit texte du soir... C'est étrange, l'automne m'inspire... Je ne l'ai pas retravaillé, comme j'en ai pourtant l'habitude...

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Aube

Pâle et légère comme la brume, l’enfant allait à travers les bois endormis. Les feuilles, tombant en pluie de merveille, traçaient un chemin qu’elle suivait sans réfléchir. Chaque arbre de la forêt participait à cette marche, à cet accomplissement. Du haut des cimes, les oiseaux silencieux observaient la délicate avancée.

Au pied d’un saule, une femme attendait. Statue de mille années, elle regardait au loin, au-delà des ombres, au-delà du temps. Le vent offrait une danse à ses longs cheveux noirs, les parant de brindilles et de feuilles. Elle demeurait en ces lieux, intemporelle, presque invisible.

L’enfant ne regardait pas autour d’elle, ne levait pas la tête vers le ciel protecteur que formait l’union des vieux chênes. Elle allait droit devant elle ; peu lui importait où.
Elle fuyait.

Elle avait entendu, bien avant l’aube, les hurlements des chiens saluant le retour du maître. La quiétude de l’absence prenait fin. Son cœur s’était alors replié sur lui-même, ses oreilles avaient voulu ne plus entendre, ses poings s’étaient serrés à se disloquer… Dans l’obscurité des couloirs, elle s’était tracé un passage.

Cours petite, cours ! Elle avait couru de toutes ses jambes, l’esprit en alerte, et la peur, la peur derrière elle, la surplombant de son grand corps froid.

Quand l’aube avait tout doucement déchiré l’horizon, la course s’était muée en une marche lente, une marche de fatigue, une marche coûte que coûte.

D’heure en heure, pourtant, le découragement avait tissé sa toile… L’enfant avançait toujours, mais son regard ne fixait plus que la terre que foulaient ses pieds. Elle tentait de fermer son esprit à toutes les pensées qui tentaient de l’assaillir, mais ses lèvres tremblaient de plus en plus…

Il avait fallu une fleur à l’enfant. Une toute petite fleur blanche, sortant timidement du sol. Une tâche d’espoir.
Elle avait su qu’elle était sauve. Elle était née en des terres où les fleurs ne poussaient plus. Alors, la marche était devenue légère. Le poids de la peur et de l’accablement avait disparu.

Au pied du saule, la femme scrutait toujours le lointain. Elle n’avait plus rien à perdre à présent que la Grande Peste lui avait volé sa famille. Elle ne cherchait rien. Elle se perdait dans le souvenir, attendant l’arrivée de l’enfant.

Combien d’heures avaient passé depuis qu’elle se tenait en cet endroit, à guetter quelque chose qui ne viendrait pas, qui n’existait même plus ?
Qu’allait-elle devenir ?

Alors que le chagrin l’envahissait, son regard fut happé par quelque chose au milieu des herbes… Elle n’en croyait pas ses yeux, et pourtant…Oui, c’était bien elle… Des jours et des jours avaient passé, et elle la retrouvait aussi hasardeusement que la première fois…

Un faible sourire apparut sur ses lèvres, qui s’étendit et couvrit tout son beau visage.

Elle venait d’apercevoir une petite fleur blanche. Après toutes ces années, elle était encore là, toute frêle, et portant si forte… Une fleur si insignifiante, qui pourtant lui avait donné l’espoir quand tout semblait perdu…

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26 février 2008

Reste près de moi

« Reste près de moi ».

Les mots d’une mère pour son enfant. Au milieu de la foule, c’est cela qu’elle lui dit : « Reste près de moi. ». Je serai ton refuge, l’enceinte protectrice qui saura s’ouvrir lorsque viendra le temps. Ce jour, je serai la citadelle, forte pour toi, et inébranlable ; tu seras l’oiseau que mon âme regardera s’éloigner, jusqu’à ne devenir plus qu’un point, puis plus rien, le souvenir d’une joie.

« Reste près de moi. ». Ne t’éloigne pas, reste en ma vue, en mon cœur, mets ta main dans la mienne pour que ne vienne pas le jour, laisse tes pas dans les miens encore, et laisse-moi t’entraîner à moi, te bénir de mes caresses, de mon regard, de mon sourire. Tu es mon enfant, mon monde, mon moi. « Reste près de moi. ».

Tu n’es plus si petite, mais tu es toujours ma toute-petite, celle qui a besoin de mes bras, de mon regard pour marcher le cœur léger et l’âme libre. Je veille sur toi, je t’enveloppe de la douceur de mes yeux, je te protège.

Moi aussi j’ai besoin de toi. Pour toi, je suis, simplement je suis. J’existe pour toi, pour être là, à tes côtés, pour te guider, te parler, t’écouter.

Ma toute-petite, tu m’aimes encore, la vie sur toi n’a pas encore posé sa griffe, celle qui arrache et déchire tout, les liens du sang et de l’âme… Tu es toute pure du monde, tu le regardes de loin, tu ne sais comment le nommer, tu y participes sans vraiment y être, de ta petite vie en bulle.

 

« Reste près de moi. ». Ne grandis pas ma toute-petite. Pardonne-moi d’être lâche si je le redemande : ne grandis pas… Un jour viendra où tu partiras, où la maison ne sera plus toute emplie de ton rire et de tes regards étonnés, de tes colères, aussi…Ah, tes colères… J’en souris…

Echappe au monde, à la prise du temps, reste près de mon cœur, reste ma petite fille.

On me dit de n’être pas égoïste, de souhaiter ton départ, un jour ; de savoir te laisser partir, qu’il n’y a pas plus belle preuve d’amour…

Comment le pourrais-je ? Comment l’accepter ? Comment autoriser ta « disparition », l’effacement de l’enfance du cœur d’une mère ? Comment ne pas hurler lorsque tu me diras « Je vais m’en aller. », même si tu es heureuse, même si ta vie est devant toi, et qu’elle s’ouvre sur un sentier de lumière ?

Comment sourire quand on vous arrache le cœur, admettre que tu continueras sans moi, et que je devrais, moi aussi, continuer en ton absence, quand les jours ne se feront plus à la mesure de tes rires ?

« Reste près de moi. », il n’est pas temps encore. Laisse maintenant mes pas guider les tiens, reste près de ta mère…


Note: ce texte est sorti tout-à-l'heure, sans raison apparente. Je ne suis pas mère, et j'ignore ce qui a motivé cette écriture. De même, je ne sais pas si les sentiments qu'il contient sont justes, ou non.

 

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13 décembre 2007

Mots rigolos

Parce que j'en trouve sans arrêt et qu'ils me font toujours rire, cette fois pour leur orthographe:
- des gromo
- il y a du suspainse et de laquetion.
Trouvés dans des copies de 6e et corrigés illico presto!

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05 novembre 2006

Dialogue avec le sage

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« Tente donc, petite âme errante, d’étendre tes bras vers les étoiles. » disait le sage.

« A quoi donc cela me servirait-il, quand je sais que jamais je ne pourrai les atteindre ? » répondit l’homme.

« A rêver. » répliqua le sage.

« A rien, donc. » voulut conclure l’homme, qui déjà se lassait de l’apprentissage.

Mais le sage, avec un sourire : « Celui qui tourne en ridicule le rêve n’est pas digne de lui. Son esprit sera terre aride où seuls pousseront les mêmes cactus que dans tous les autres déserts. Tu choisis de ne pas élever tes bras ? Tant mieux pour toi. L’esprit vide est bienheureux, il n’a pas conscience de sa stérilité. Le rêveur quant à lui sera toujours triste, car ses rêves sont comme ces étoiles : magnifiques et inatteignables. »

Et l’homme, tout fier : «  Alors je suis bien content ! »

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15 octobre 2006

Pluie

 

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Dehors, c’est sale. Le ciel est souillé de lambeaux de tristesse, prêts à pleurer sur la plaine vide. Le vent les bouscule, les heurte, mais toujours ils semblent revenir, relayés par leurs frères-clônes. L’herbe n’a plus de couleur, elle se perd dans l’Ombre, reflète la pluie à venir. En elle court déjà l’eau glaciale. Et rien en ces lieux ne parvient à briller. Le ciel est tombé sur la terre, l’écrase, l’étouffe. Les champs et les arbres, plaqués au sol, n’ont plus assez de souffle pour lutter et se laissent écorcher sans un cri.  Ils ont tous la même odeur, celle de la pierre, la pierre crayeuse au goût d’humide, qui fait la gorge sèche. Au-dessus – mais si près – les cieux s’éviscèrent et échappent leur sang noir. Ce n’est plus qu’un désert que même les corbeaux ont fui. Le déluge bientôt va commencer, avec lui l’avènement des marécages, la prolifération d’une inquiétante mangrove aux lianes monstrueuses, de vent et d’eau. 

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11 octobre 2006

Un souvenir...

Je constate que je ne poste que très rarement mes textes ici. Hors, l'écriture tient une place très importante dans ma vie. Certaines d'entre vous écrivent-elles?
Je place donc ici l'un de mes derniers textes, très court (c'est dur de se lancer, mine de rien !):

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Un souvenir...

Je ne sais me souvenir que ton regard vu entre les branches, et cette chevelure noire qui le suivit… Légère, gracieuse, tu courrais d’arbre en arbre, comme une petite sauvage. D’abord stupéfié, suspendu dans ma propre errance, je me mis à te poursuivre, pour que le ravissement jamais ne se brise… J’entendis ton rire d’enfance; tu me devinais derrière toi, à vouloir toucher tes cheveux de nuit. Quand le jour avorta, je te perdis ; tu te fondis dans les ombres des bois et disparus comme une fée.

Ah, ma douce envolée, l’aube à tes pieds était plus belle hier…

A présent, tu es sa prisonnière. Tu marches lourdement entre les murs de sa demeure, tu erres, le regard éteint de mille années… Pourquoi t’es-tu laissée emprisonner ?

Ah, ma douce envolée, l’aube à tes pieds était plus belle hier…


 

NB: Je ne sais pourquoi mes narrateurs sont souvent des hommes qui parlent de femmes...Etrange étrangeté... J'aime la sensibilité, et lorsqu'elle se trouve en un homme, je la trouve encore plus belle...

 

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12 juillet 2006

Ton regard funambule

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Ô mon aimé ! Comme j’aime tes yeux funambules, qui me frôlent comme le vent de mai ! Où que j’aille, je sais ton regard, je sais sa douceur. Il m’accompagne comme une ombre chaleureuse, une ombre de pourpre flamboyante. Il prépare le chemin à mes pieds nus, dessine le ciel au-dessus de mes rêves, et me suit partout où règne le jour.
Mon doux ami, comme je regrette d’avoir parfois à pénétrer les ténèbres… Tes yeux se perdent, et peut-être crois-tu que je souhaite les semer. Si je pouvais disposer sur ma route de nuit quelques flambeaux pour te guider, si je pouvais marcher une lanterne à la main, tu serais moins triste, sans doute. Mais mon errance est aveugle, elle ne tolère aucun candélabre.
Mon fiancé de lumière, toi qui portes l’aube en tes mains et ton âme, comme j’aimerais te voir pénétrer les bois obscurs pour venir à ma rencontre ! Mais la forêt-mère est mauvaise, et quand tu t’approches, elle te jette au visage les noirceurs de son sein jaloux. Je ne puis que demeurer à t’attendre, sans jamais te voir venir… Et les arbres, mes frères, pleurent en chants mélancoliques…
Mon aimé, mon amant, à chacun de mes retours, toujours tes yeux, ton regard de plume. Je le recueille comme une goutte d’or, une étoile à mettre à mon front. Et si dans mon âme reste encore un peu de brume, je ne tarde pas à rejoindre le jour.

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